
Vous n'y aurez pas échappé, en grand amateur de son, vous n'allez pas chercher vos infos à caractère musical de la même façon qu'il y a quelques années. En marge de la sphère émergée de la presse papier, qui s'est souvent mise à Internet depuis pour tenter tant bien que mal de tirer son épingle du jeu, on a vu grandir et apparaître au grand jour un phénomène qui ne se limite pas qu'aux bornes du monde musical : le blogging. Oui, ce média théoriquement démocratique qui, s'il est correctement utilisé, peut devenir un vecteur de diffusion de son information rudement efficace. Beaucoup plus qu'une plate-forme pour étaler au monde ses photos de camping à Lacanau, l'« outil » blog connaît depuis son émergence des heures de gloire, en donnant naissance à de véritables petits médias alternatifs, gérés non pas par un seul auteur comme dans la plupart des cas, mais par tout une équipe, qui se chargera de damer le pion à tout le monde en matière de nouveauté. Le monde du net et son expansion frénétique a enfanté le modèle des nouveaux générateurs de buzz, puis de hype : le clubber averti que vous êtes n'aura pas omis d'avoir ajouté le flux d'une dizaine de blogs « à suivre » dans son lecteur RSS (quoi, tu connais pas ? Non mais vas-y, t'as pas du tout 2.0 comme gars, je crois qu'on va arrêter d'être amis facebook), et ce pour mieux découvrir la dernière tuerie made in Modular, Ed Banger ou Kitsuné, avant tout le monde. Sérieusement, c'est pas la gloire de se dire que le son qui sort de notre Ipod nano, c'est ce que tous les gens « normaux » (amateurs de musique, cultivés, mais simplement pas dans le vent) se mettront à écouter d'ici 3 mois ?
Mais dans 6 mois alors ? Trop loin, trop imprévisible, le flot d'informations du Net passe trop rapidement dans notre cerveau pour y laisser une empreinte durable et solide. La faute à qui ? A nous, auditeurs avertis mais insatiables, ayant bien intégré les leçons de la génération zapping ? A eux, qui nous encensent un groupe à peine en pré-prod de son 1er album et qui sont déjà passés à autre chose une fois la galette sortie ? Un peu des deux, sûrement. Les blogs à caractère musical sont à la fois générateurs et révélateurs de l'usage que l'on fait de la musique dans les années 2000. Partie Traumatic des Black Kids ? Buzzé par les blogs, hissé par la presse, puis lâché dans la fosse aux lions sans que ses géniteurs sachent bien marcher. Résultat ? Je sais pas pour vous, mais j'entends plus trop parler d'eux depuis quelque temps. Peut-être que le début de leur longévité est juste masqué par le brouhaha qu'on impose à nos sens, qui sait. Toujours est-il qu'on signe, mais que les petits caractères en bas du contrat sont diablement importants. « Toute personne intégrant le mode d'ingestion musicale offert par la blogosphère s'expose à des lésions en matière de relation à la musique en elle-même ». En clair : les blogs sont un moyen parfaitement efficace, ludique et alternatif concernant la découverte de nouvelles entités sonores, mais attention à ne pas rester à la surface des choses, vous risqueriez de finir non plus comme un amateur de musique, mais comme un simple consommateur. Et art et consommation n'ont jamais fait bon ménage...
2 commentaires:
Faux ! Art et consommation, ca donne Pop Art, et même si c'est pour que l'un critique, détourne, caricature l'autre, ca fait quand même bon ménage. Après pour le côté je zappe d'un truc à l'autre sans cesse je suis plutôt d'accord.
haha, mais y'a encore des lecteurs dans ce bordel ;) tu dois bien être le seul.
Oui, quand j'utilisais la liaison entre art et consommation, c'est bien pour illustrer le nouveau rapport à l'art du public dans cette période de l'histoire où tout s'accélère. mais le pop-art est un super exemple de liaison art-conso, c'est juste pas ça que je voulais exprimer mais l'amalgamme peut être fait. Ce détail m'a échappé :)
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