
"Le téléchargement ne tue pas la musique, il tue le music business. Tuons les tous.". Cette phrase de Thurston Moore de Sonic Youth trônant en titre de l'édito du dernier Punk Rawk peut sembler radicale au premier abord. Mais la vision des choses prépondérante (car c'est ce qu'on veut nous faire penser) dans ce domaine de nos jours, celle d'une communauté artistique plutôt unifiée contre les pratiques de téléchargement illégal, n'est en fait qu'une image erronée. EMI licencie un petit paquet de salariés. C'est regrettable, je ne vais pas ironiser la-dessus, mais à qui la faute ? A nous (j'entends par la la communauté elle même évidemment unifiée des pirates du web) ? Ou aux majors, qui ont confondu art et industrie pendant de trop longues années, en plaçant leurs disques (aux prix exorbitants compte tenu de leur prix de production) entre la lessive et le camembert ? La faute est-elle à chercher dans la pratique en elle-même, ou plutôt dans les années de foutage de gueule qui l'ont engendrée ? Si l'on regarde de plus près, nombreux sont les artistes qui s'accordent avec cet avis, et je dirais même qu'à part Metallica, Johnny, Linkin Park et Eddy Mitchell, la position est assez unanime. Les Uncommonmenfrommars, qui sortent leur album gratuitement sur le net, se disent excités par cette remise en question, de même que Dave Grohl des Foo Fighters. Quand on réécoute Atari Teenage Riot et qu'on entend Hanin Elias hurler "And if you steal this record, we don't care", on comprend que depuis longtemps toute une frange artistique (comprenant à mon humble avis 99% des entités musicales) ne voit pas la musique comme un métier mais comme une passion, et ceux-la se satisfont pleinement de la situation, qui, même si elle engendre des difficultés d'ordre financier, donne aux artistes un moyen de diffusion sans précédent. Les dindons de la farce, qui essaient de s'accrocher désespérément aux branches d'un arbre qu'ils ont fait pousser mais qui se casse la gueule car ils ont donné la scie aux bûcherons juste en dessous, ce sont les majors et les gros artistes, qui entrainent (et c'est regrettable) tout un pan activiste et indépendant de la musique dans leur chute. La conclusion pourrait être la suivante : Soutenir un groupe, c'est donner de soi-même pour qu'il marche, en achetant leur album, un t-shirt, en parlant de lui, ou en payant un demi au bassiste. Quand aux majors, et ben moi je vais me poser tranquillement sur une colline avec un ghetto blaster et une bonne bière, en attendant l'implosion.
Uncommonmenfrommars - Deadly Prank :
Uncommonmenfrommars - Deadly Prank :
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