samedi 5 janvier 2008

Chronique: Burial, "Untrue"

L'homme sans visage. Et pourtant tellement admiré par ses pairs et par tout un pan de la musique électronique, voire de la musique tout court (avoir Mr Yorke comme fan n°1, c'est pas donné à tout le monde). Burial, propulsé tête de liste du dubstep UK ces derniers mois, est visiblement (ou pas) un être énigmatique, à l'image de sa musique. Un album comme celui-ci prend toute son ampleur de nuit, seul, au calme, et d'ailleurs je le ferai tourner lors de mon prochin chagrin d'amour, ça doit bien marcher aussi pour ça. Ce sous-genre à la croisée du côté le plus 2-step de la jungle nineties, d'une electronica froide, d'infrabasses moelleuses et filtrées, ce dubstep pour l'instant en équillibre entre l'undeground et la hype, Burial en signe un bijou qui restera pendant longtemps une fierté de la musique électronique. Le penchant plus atmosphérique et intimiste du genre est ici abordé. Les voix, filtrées, naissant et mourant au fil des morceaux, utilisées comme instruments à part entière, ont l'air échapées de disques de soul triste ou de Rn'B, Burial les passe dans un espace temporel rétro-futursite évoquant la tristesse usée par le temps. Il n'en fait jamais trop. Les nappes n'ont guère le temps de prendre de l'ampleur, elles ne sont pas là pour ca, juste pour créer une atmosphère puis la maintenir dans un état profond, un voyage au coeur de la mélancolie. Ajoutez à ca des beats ciselés à la perfection, la non plus jamais envahissants, pouvant s'évaporer en plein morceau, d'une facon innatendue mais tellement joussive, vous obtiendrez un album cinq étoiles, à déguster aux moments opportuns, ou pas, à déguster tout court. Mon top 10 2007 est un peu un top 11 maintenant, et si classement il y avait eu, ce disque aurait flirté avec les hautes sphères.

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